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  • Photo du rédacteurJMM

Moi Pinot Noir simple cépage

Bonjour l’Ami,

A ce que j’ai compris, tu es resté sur ta faim et sur ta soif à la lecture d’un précédent article. Sans prétendre épuiser le sujet, je t’en dis, ci-dessous, un peu plus sur moi.

Mais avant je complète les dires de la Goutte qui ne s’est pas tout à fait dévoilée. Elle a caché être un 1er cru Beaune Cent Vignes. Pour le cas où tu l’ignorerais, sache que 1er veut dire 2ème. Eh oui, le poids de l’histoire. En fait le Premier est Grand et donc le 1er n’est que 2ème. Me suis-tu ? Si tel n’est pas le cas, n’hésite pas à me le faire savoir. Les commentaires, au bas de cet article, sont à ta disposition.

Cent Vignes que je me plais à écrire «Sans Vigne». J’aime cultiver le paradoxe d’autant qu’il n’y a ni à bêcher, ni à biner et donc pas à se courber. L’écrire « Sang Vigne » me réjouit aussi. Le vin n’est-il pas le sang de la vigne ? Encore plus fort, il existe à Vacqueyras un Domaine qui répond au nom de Sang des Cailloux. Il n’y a pas qu’en Bourgogne que le vigneron est poète et c’est heureux.

Revenons à mon cas. Commençons par le commencement. Je suis Bourguignon, mais si j’en crois certains, je pourrais descendre d’une vigne que cultivaient les Allobroges dans l’actuel Dauphiné Savoie. Note bien qu’être Dauphinois me sied, attendu que je figure parmi le gratin des cépages. Je suis l’un des dix cépages français les plus cultivés. Il est vrai loin derrière le Merlot dont je ne représente qu’à peine plus du quart des surfaces. Au chapitre bomber le torse je me plais à rappeler qu’au 14ème siècle on me nommait aussi Plant Fin. Sur une carte de visite, ça pose. Selon d’autres je serais venu dans les chariots des légions romaines. Quoi qu’il en soit, je suis un très ancien cépage. Je serais selon certains l’aïeul ou l’ancêtre de nombreux autres cépages parmi lesquels on compterait la Mondeuse, la Syrah avec les doutes dont il a été question dans un précédent article et … et … le Chardonnay.

On me cultive dans plusieurs appellations françaises et je ne parle pas de l’étranger. Quelques flatteuses que puissent être certaines de ces appellations : Bourguignon je suis, Bourguignon je reste. C’est ma terre d’élection, de prédilection.

Plusieurs facteurs contribuent à mon plein épanouissement :

- Le cep : être greffé sur un plant américain me rend quelque peu chafouin mais, à ce qu’il parait, ça n’affecte pas mes qualités organoleptiques, malgré un léger doute, je me fais une raison d’autant plus aisément que je suis le fruit d’une sélection massale, de mon point de vue, préférable à une clonale. Ceci n’empêche pas que je regrette le temps béni du provignage. Maudit soit le phylloxéra.

- Le vigneron qui veille sur ma santé avec amour et prévenance. Je suis sensible aux maladies. Je sais que pour toi une fricassée de ceps à l’huile d’olives et à l’ail est un régal. Pour moi, le champignon est mortifère surtout s’il se nomme mildiou. Heureusement que mon vigneron préféré dispose de sa bouillie dont il use avec prudence. Elle me donne une couleur un peu particulière mais me sauve. Autre parasite qui m’attaque, un papillon, pas de ceux aux couleurs magnifiques que tu te plais à chasser armé d’un filet, mais une minuscule bestiole pas très belle dont la larve s’en prend à mes grappes. Pour limiter sa prolifération mon vigneron a recours à la confusion sexuelle et le tour est joué, enfin presque. Ainsi je coule des jours heureux jusqu’à ce que mes grappes soient mûres et qu’on les vendange. La suite ne m’appartient plus.

- Le terroir : c’est sur lui que tout repose. En Bourgogne, on nomme un terroir un climat. Ils ont été repérés, délimités, baptisés par des Moines à qui je rends hommage. Pourquoi ce pluriel ? En raison de leur nombre. Rien que dans la Côte de Nuits, que j’affectionne particulièrement, ils se comptent par dizaines. Chacun d’entre eux présente des caractéristiques bien spécifiques. C’est si vrai qu’il suffit de faire quelques pas pour entrer dans un autre monde. A quoi cela est-il dû ? Au temps. Oui, à celui qui a passé. Sais-tu que depuis la formation de la Côte, il s’est écoulé trois mille quatre cents fois la durée qui nous sépare du moment où le premier couple d’ Homo Sapiens a foulé du pied le sol africain. S’agissait-il d’Adam et Eve ? Cela y ressemble. Il est heureux que la science recoupe les Ecritures. Autre approche, il aurait été possible de vendanger cent soixante-dix millions de fois. De quoi user un nombre incalculable de sécateurs. Tu comprends mieux maintenant pourquoi sous l’action du gel, de l’érosion, des éboulements et autres avatars, chaque climat possède une personnalité singulière. Si tu ajoutes que l’orientation est telle que j’y reçois les rayons du soleil matinal tu sais pourquoi ces lieux forment pour moi comme un paradis. Remontant le fil des âges, j’y enfonce avec délice mes racines. Je capte ainsi dans les profondeurs, les éléments qui font que des Hautes Côtes aux Grands Crus, je présente une palette unique d’arômes et de saveurs.

Mon ami, toi qui aimes le vin, tu trouves à n’en pas douter que je fais peu de cas du vinificateur. Non, mais comme dit plus haut, ce n’est plus mon problème. Lorsqu’avec l’aide du viticulteur, j’ai mis à sa disposition de belles et bonnes grappes, ma mission est terminée comme l’est cet article. Quelqu’un qui lit par-dessus l’épaule du Petit Barde Breton, rédacteur de ces lignes, trouve que tous les sujets sont traités de manière elliptique. Je n'ai pas la prétention d’être exhaustif mais plus modestement de te donner l’envie d’en savoir plus sur moi comme de connaitre #les Compagnons Grumeurs du Bourgogne. Je te garantis que ce sont des œnophiles, ça va sans dire; mais mieux encore en le disant, qui aiment le bon vin et l’abordent avec joie et bonne humeur.


Moi, Pinot Noir & Le Petit Barde Breton


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